BENT : 22h10
Adaptation française : Thierry LAVAT et Lena GRINDA
Mise en scène : Anne BARTHEL
Assistant : Franck DELAGE
Costumes et décors Frédéric MOREL
Accessoires : Christine DEBEURME
Accordéon : Benoît DAGBERT
Lumières : Anne BARTHEL
Comédiens : Michel MORA MAX, Jean Matthieu ERNY HORST,
Valentin TERRER RUDY, Gérard CHEYLUS FREDDIE, George MATHIEU WOLF
Philippe RENON GRETA, Franck DELAGE Capitaine SS
Frédéric MOREL Garde SS, Ludovic COQUIN VICTOR
Production : Théâtre du Peuplier Noir – IDF
La pièce fut jouée pour la première fois à Broadway en 1979. Richard Gere,
(révélé un an auparavant au cinéma dans American Gigolo) y jouait le rôle de
Max. BENT connut immédiatement un grand succès et reçut le Tony Ward de la
meilleure pièce de l’année. Elle fut reprise alors dans le monde entier,
notamment en France en 1981 avec dans les rôles principaux, Bruno Cremer,
Jean-Pierre Sentier, Didier Sauvegrain et Jean-Claude Dreyfus. BENT a été
adapté pour le cinéma en 1996 et réalisé par Sean Mathias. Le film a remporté le
prix de la jeunesse au Festival de Cannes
Note de l’auteur
« J’ai été très touché par la reprise de Bent à Paris, avec Michel Mora dans le
rôle de Max. La pièce a été admirablement mise en scène par Anne Barthel et
superbement jouée. »« Je suis extrêmement heureux qu’elle continue à se jouer pour une autre saison. »
« Il est très étrange d’écrire une pièce dont on souhaite qu’elle cesse un jour
d’avoir de l’importance, parce que les problèmes évoqués dans Bent pourraient
ne plus exister. Mais il suffit d’observer les persécutions actuelles des homosexuels dans un certain nombre de pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie pour se rendre compte qu’il est encore immoral d’avoir des sentiments, des droits, de la visibilité ou d’avoir le droit d’aimer la personne de son choix.
Même en Occident, où d’énormes avancées ont été réalisées, des préjudices et
des mythes sévissent encore. J’espère qu’un jour viendra où on pourra dire en
regardant la pièce Bent : « c’était comme ça avant, mais aujourd’hui c’est
complètement différent. » Malheureusement, ce jour-là n’est pas encore
arrivé. »
Martin Sherman

Cette pièce illustre plusieurs destins d’hommes homosexuels, broyés par la folie
meurtrière du nazisme.
Dans cette descente aux enfers où la dignité humaine n’existe plus, Max vit son
amour des hommes dans le chaos. C’est pourtant avec Horst , dans le camp de
concentration de Dachau, dans un processus d’ anéantissement général qu’il vit
une histoire d’amour sublime et poignante, vivant comme un défi la force de
l’amour qui révèle à soi même , qui grandit et libère les hommes qui s’aiment.

TETU Par Jeanne Samak
« La pièce de Martin Sherman a trente ans mais pas une ride. Il y est question de triangle rose, de déportation, d’identité et de combat. Un thème éprouvant, mais au final un hymne à la vie et à l’amour, ciselé dans l’humour noir. Bent n’en est pas à sa première version, loin de là. Celle-ci est épurée, servie par des jeux de lumière et de musique qui donnent la chair de poule, et surtout, par des comédiens exceptionnels. Impossible de ne pas rester bouche bée face au jeu de Valentin TERRER (Rudy), Jean Matthieu ERNY (Horst) et de l’incroyable Michel MORA (Max). Une interprétation qui nous laisse tout chamboulé, comme un peu changé. »
THEATRORAMA par Ange Lise
« Violent et émouvant, la force du texte est aussi celui de nous faire sourire par des scènes plus légères qui apportent une bouffée d’oxygène à ce huis clos historique tragique. Le public s’amuse avec l’oncle de Max, Freddie, (interprété par le lumineux Gérard CHEYLUS) homo honteux à la recherche de « coquines » pour s’encanailler, sourit aux maladresses émouvantes de l’excellent Valentin TERRER dans le rôle de Rudy, se réjouit de la complicité amoureuse de Max et Horst. » « Les scènes sont entrecoupées de séquences à l’accordéon, joué par Benoît Dagbert, qui rythment la pièce et contribuent à nous enfoncer progressivement dans le drame. Loin d’être manichéens les personnages jonglent avec leur complexité. Leurs convictions se heurtent à la vie du camp. Michel MORA (Max) nous offre une interprétation magistrale en duo avec le non moins excellent Jean Matthieu ERNY dans le rôle d’Horst. « La mise en scène d’Anne Barthel, tout en sobriété, met en valeur l’écriture de Sherman. Deux fils de barbelé sont attachés pour séparer le public des prisonniers. Nudité de la pierre qui renforce l’impression de froideur. Les entrées sont laissées ouvertes pour donner une perspective et élargir l’espace. Jeu de lumières qui marque les saisons et les émotions. » « Bent bouleverse et donne un écho particulier à certains pays où l’homosexualité est encore interdite et passible de la peine de mort. »
20 MINUTES Par Manon Gimel
« La mise en scène d’Anne Barthel offre une proximité bouleversante avec le texte et l’histoire dans la sombre salle mise à nue du Théâtre du Nord-Ouest. Pendant deux heures, le jeu sensible des acteurs révèle la vitalité des personnages qui luttent contre la désolation qui les étouffe. »
LE LITTERAIRE par Violaine Cherrier
Bent, la célèbre pièce de Martin Sherman, revient après avoir bouleversé les scènes du monde entier, dont celles de Broadway dès 1979. L’auteur, dramaturge américain, lui-même juif et homosexuel, signe ici une oeuvre magistrale sur un sujet trop longtemps tabou : la déportation homosexuelle sous l’Allemagne nazie. Dès les premières lignes de texte, le spectateur est scotché à son siège, prisonnier à son tour de sa propre émotion, plongé dans la force et la percussion du texte, mais surtout troublé par les comédiens, au jeu toujours très juste, et qui, avec humilité, ne tombent jamais dans la facilité de trop en faire ni dans celle justement de ne pas être à la hauteur d’un si beau texte. Deux heures pendant lesquelles on a la gorge serrée, le souffle coupé et le coeur renversé... mais au bout desquelles on peine à se souvenir quand, pour la dernière fois, on est ressorti autant bouleversé et touché. Une oeuvre qui s’étend bien au-delà des branches de l’étoile jaune ou des côtés du triangle rose, mais qui nous concerne tous et nous remue au plus profond de nous-mêmes. Un hommage à la tolérance, un hymne à l’amour, un véritable appel à la vie. Bouleversant de vérité ! Quel plus bel hommage pouvait être rendu à la compagnie du Théâtre du peuplier noir que celui de l’auteur lui-même ? En effet, Martin Sherman lui même est venu assister à la représentation le 17 mai dernier, journée internationale contre l’homophobie. À la fin de la pièce, l’auteur n’a prononcé que ses quelques mots : "C’est la plus belle adaptation de mon oeuvre qu’il m’ait été donné de voir !" Tout est dit.
Durée : 2h05