La leçon : 11h11
Mise en scène Jean-Pierre Brière
Comédiens : Huguenin, Marie Crouail et David Stevens
Scénographie : Didier Préaudat
Costumes : Pascale Barré.
Production en association avec la Scène Nationale Evreux-louviers Avec le soutien de l’ODIA Normandie / Office de Diffusion et d’Information Artistique de Normandie. Le Théâtre Méga-Pobec est une compagnie conventionnée par la Direction Régionale des Affaires culturelles de Haute-Normandie, le Conseil régional de Haute Normandie, le Conseil Général de l’Eure et la Ville d’Evreux.
Quelque part en province. Une jolie ville, agréable, un joli parc, un pensionnat, un évêque, de beaux magasins, des rues, des avenues. Un chef-lieu sans doute. C’est à dire nulle part.
Dans un appartement, un vieux professeur à l’articulation laborieuse donne une leçon particulière à une élève polie et bien élevée.
La bonne du professeur épluche les faits divers, veille à l’ordre et au ménage. Ici la salle à manger fait cabinet de travail et le cabinet de travail fait salle à manger.
Au commencement, le vieux professeur et la jeune élève se congratulent d’arithmétique. On additionne les politesses, on compte les "excusez-moi". Les "Si vous le permettez".
Tout va bien.

A l’addition, s’ajoute la soustraction qui ne soustrait rien, additionne tout. Les règles se brouillent. La bonne s’inquiète. Tout va moins bien. La bonne connait la leçon. De leçon il n’y aura point. Point de pupitre. Point de tableau noir. Nulle craie pour écrire. On fait semblant. Semblant d’apprendre. Semblant de savoir. On se donne du titre. On prétend connaitre les langues, à défaut on en invente. Pêle-mêle. Surtout pas de silence. Peur d’être à court. De perdre pied. Avoir le dernier mot. On se gave de discours comme une oie avant la fête. Ça donne le vertige. Comme une pièce montée un jour de noce célibataire que seuls les convives rassasiés engloutiront à perdre corps et âme.

La bonne avait prévenu. Il faudra nettoyer. Le professeur prendra la tête, la bonne les jambes. Et du corps de mademoiselle videront la scène du crime. Quarantième fois de la journée et la journée n’est pas terminée.
Durée : 1h10
